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Introduction
La crise de mai 1968 - d'abord un mouvement d'étudiants,
puis une mobilisation et des grèves des ouvriers et enfin
une crise politique - représente le plus grand mouvement
de grève qu'a eu lieu en Europe. Les causes de ce conflit
s'enracinent dans la société française de
cette époque. Plusieurs fois dans l'histoire de France,
Charles de Gaulle rappelle les Français de la gloire de
la France et ranime leur espoir de retrouver la liberté.
En 1940, de Gaulle - nommé général - refuse
la défaite française et incite l'abandon du gouvernement
de Vichy. Puis, en 1944, il organise la Résistance contre
les Allemands pour libérer les Français. Enfin,
en 1958, il sauve la France d'une guerre civile crée par
le conflit d'Algérie. Mais quel rôle le général
de Gaulle joue-t-il dans la crise de mai 1968?
De Gaulle -- Une Petite Biographie
Charles André Joseph Marie de Gaulle est né le 22 novembre 1890 à Lille - fils de Henri de Gaulle, professeur de lettres et d'histoire (ifrance 1). Après un an au collège Stanislas à Paris, il entre l'école spéciale militaire de Saint-Cyr en 1910. Il est désigné au 33e régiment d'infanterie à Arras sous les ordres de colonel Pétain (Aufrère 1). Le 2 août 1914 - le jour de la déclaration de la première guerre mondiale - de Gaulle rejoint les armées du Nord-Est. Pendant la guerre, il est blessé et fait prisonnier, mais après l'armistice il est libéré en 1918 (ifrance 1). Après avoir lutté en Pologne, il épouse Yvonne Vendroux le 6 avril 1921 à Calais. Le 28 décembre 1922, leur fils Philippe naît (ifrance 2). Puis, le 15 mai 1924, sa femme Yvonne donne naissance à leur fille Elisabeth.
De Gaulle publie son premier ouvrage " La Discorde chez
l'ennemie " en 1924 dans lequel il insiste sur le fait que
le politique doit dominer le militaire. Puis, dans " Le Fil
de l'épée " (1932), de Gaulle montre l'importance
de la formation des chefs et il aborde l'idée de la nécessité
d'un corps de blindés. Publié en 1934, son ouvrage
" Vers l'Armée de métier " montre la nécessité
de la création d'une armée professionnelle. En 1937,
il est nommé colonel et, le 3 septembre 1939, commandant
par intérim des chars de la Ve Armée (ifrance 2).
Après l'annonce de l'armistice par le maréchal Pétain,
de Gaulle lance un appel aux Français demandant la Résistance
le 18 juin 1940.
de Gaulle en juin 1940 (Source : Ifrance 3).
Dans son appel du 22 juin, de Gaulle dit encore une fois :
" l'honneur, le bon sens, l'intérêt de la Patrie,
commandent à tous les Français libres de continuer
le combat, là où ils seront et comme ils pourront
" (ifrance 3). Le 28 juin, Churchill reconnaît de Gaulle
comme chef des Français libres (ifrance 3). Le 27 octobre
1940, le général crée le Conseil de défense
de l'Empire et forme avec le général Giraud le Comité
Français de la Libération Nationale le 30 mai 1943
(Aufrère 2). Ce comité est transformé en
Gouvernement Provisoire de la République Française
le 3 juin 1944, avec de Gaulle comme président (ifrance
4). Dans son discours de Bayeux, de Gaulle énonce les traits
marquants qui formeront plus tard la Constitution de la Ve République.
Quatre jours plus tard, de Gaulle démissionne mécontent
de l'influence de la gauche. Donc, de Gaulle se retire de la vie
politique officielle à Colombey-les-Deux-Églises
et se consacre à la rédaction de ses Mémoires
(Aufrère 2).
Mais, à cause du conflit d'Algérie et d'une émeute
à Alger, le gouvernement demande à de Gaulle de
sauver la France le 11 mai 1958 (Steele I : 102). Donc, il fait
approuver une nouvelle Constitution qui représente la base
de la Ve République et devient président de la République.
Mais, la majorité des Français s'opposent à
l'indépendance de l'Algérie. De Gaulle change l'opinion
des Français par plusieurs référendums et
proclame l'indépendance algérienne en 1962. Le même
an, de Gaulle nomme Georges Pompidou nouveau Premier Ministre.
Regardant la politique de Gaulle, il défend l'autonomie
de la France vis-à-vis de la Communauté économique
européenne (CEE) et envisage le rapprochement entre la
France et l'Allemagne. Par conséquent, de Gaulle signe
un traité de coopération franco-allemande pour éviter
de nouvelles guerres entre les deux pays et pour encourager les
échanges économiques et culturels (Steele II : 135).
En 1965, les premières élections au suffrage universel
ont lieu et de Gaulle est réélu avec 54,5% des voix
(Steele II : 136). En 1966, de Gaulle retire la France de l'OTAN
(Aufrère 3). Pendant les manifestations d'étudiants
et d'ouvriers en mai 1968, de Gaulle voyage à Bucarest
en Roumanie où il présente ses idées vis-à-vis
de l'Europe aux Roumains (Werth 423). Puis, il voyage avec sa
femme à Colombey-les-Deux-Églises, mais s'arrête
en Allemagne pour y conférer avec les généraux
français (Werth 430). À son retour à Paris,
il reprend le pouvoir. En avril 1969, de Gaulle propose la régionalisation
(pour diminuer le pouvoir de l'administration centrale et pour
augmenter le pouvoir de l'administration régionale) et
la réforme du Sénat, mais le référendum
n'est pas approuvé. 52,4% des Français ont voté
" non " au référendum ; par conséquent,
de Gaulle démissionne de la présidence le 28 avril
1969 (Steele II : 137). De Gaulle meurt le 9 novembre 1970 à
Colombey-les-Deux-Églises (Aufrère 3).
de Gaulle sous la Ve République (Source : Aufrere 1).
La crise de mai 1968 et le
rôle du général de Gaulle
La crise de mai 1968 commence le 22 mai 1968 à Nanterre
où les étudiants occupent les locaux administratifs
de la Faculté (Charles-de-Gaulle 1). Les étudiants
se réunissent pour soutenir les mouvements anti-impérialiste
et pro-Viétnam. En plus, ils proclament la guerre contre
la bourgeoisie française et la partie communiste (Werth
416). Un des chefs du mouvement du 22 mars s'appelle Daniel Cohn-Bendit,
un jeune homme à l'âge de 23 ans (Werth 417). En
plus, les étudiants protestent contre le nombre immense
d'étudiants dans les universités françaises,
l'inadaptation du système éducatif et les méthodes
pédagogiques démodés (Rochet 14). De Gaulle
ne donne aucune importance à ces premières manifestations
et les considère comme un simple chahut. Pendant plusieurs
jours, l'université à Nanterre reste fermée
et il n'y a pas de cours (Charles-de-Gaulle 1). Au début
du mois de mai, les manifestations se déplacent vers Paris.
Le 2 mai 1968, le recteur Grappin décide de fermer la Sorbonne
- l'université la plus commue à Paris. Donc, les
étudiants de Nanterre se regroupent à la Sorbonne
dans une grande manifestation.

La Place de la Sorbonne, Mai 1968 (Source: Lycos 4).
Le 3 mai, le recteur demande à la police d'évacuer
les étudiants de l'université et de l'occuper eux-mêmes.
Ce jour-là, la police arrête environ cinq cents étudiants
gauchistes. Donc, les étudiants se réunissent au
Quartier Latin pour une manifestation en masse et demandent la
libération de leurs camarades (Lycos 4). Deux jours plus
tard, le mouvement d'étudiants s'étend à
la province (Charles-de-Gaulle 1). De Gaulle recommande la fermeté
et annonce qu'il ne faut pas céder parce qu'on ne tolère
pas la violence dans les rues (Werth 417). Le 6 mai, 30.000 étudiants
défilent jusqu'à l'Étoile à Paris,
puis il y a des échauffourées au Quartier Latin
avec plus de 900 blessés (Delthé 1). Mais le 10
mai, il y a même une plus grande manifestation qui se termine
en émeutes dans les rues du Quartier Latin (Werth 418).
Au moins 376 personnes sont blessées pendant cette nuit
des barricades (Charles-de-Gaulle 1). Mais, de Gaulle dort pendant
toute la nuit et personne n'ose à le réveiller (Lycos
9).

Les barricades, Mai 1968 (Source: Lycos 7).
Le 11 mai, après avoir retourné d'Afghanistan,
le Premier ministre Georges Pompidou s'adresse aux étudiants
: " Je demande à tous et, en particulier aux organisations
syndicales représentatives d'étudiants de rejeter
les provocations de quelques agitateurs professionnels et de coopérer
à un apaisement rapide et total " (Lycos 10). En plus,
il annonce la réouverture de la Sorbonne. Deux jours plus
tard, le 13 mai, les syndicats ouvriers (CGT, la Confédération
générale du travail et CFDT, la Confédération
française démocratique du travail) déclenchent
une grève générale (Charles-de-Gaulle 1).
Près d'un million de personnes - étudiants et ouvriers
ensemble - se réunissent pour le grand défilé
contre la brutalité policière. Des slogans comme
" Dix ans, ça suffit ", " Le pouvoir recule,
laissons-le tomber ", " Gouvernement populaire "
et " Adieu de Gaulle " se font entendre dans les rues
de Paris (Lycos 10). François Mitterrand - une des voix
de l'opposition - énonce qu' " il est grand temps
que le gouvernement s'en aille " (Charles-de-Gaulle 1). Le
mouvement d'abord limité aux étudiants devient un
mouvement de classe (Pouvoir Ouvrier 3). Le 14 mai, à Sud-Aviation
à Nantes, les ouvriers se mettent en grève et occupent
les usines. Ces occupations s'étalent à d'autres
régions françaises. La France devient paralysée
à cause de grèves : tout le transport en commun
(le chemin de fer, le métro, les autobus et les compagnies
aériennes), la poste, les boueurs, les grands magasins,
les banques, les mines, et beaucoup d'usines comme Peugeot, Citroën
et Renault joignent les grèves (Werth 422). Le même
jour, de Gaulle entreprend un voyage officiel en Roumanie (Charles-de-Gaulle
1). À Bucarest, il accueille l'esprit d'indépendance
nationale que la population et le gouvernement roumains ont montré
vis-à-vis de l'hégémonie de la Russie et
des Etats-Unis. De Gaulle ne fait pas mention de la situation
en France sauf quand il adresse les étudiants à
l'université de Bucarest. Il dit que les Roumains pourraient
beaucoup apprendre aux autorités de l'éducation
française. De Gaulle semble faire référence
au baccalauréat qui permet à trop d'étudiants
de s'inscrire à l'université (Werth 423). À
son retour en France, le 18 mai, de Gaulle décide de prendre
en main la situation politique et il annonce " Le réforme,
oui. Le chienlit, non " (Charles-de-Gaulle 2). Pour les jeunes
révoltes, de Gaulle représente le symbole du système
social qu'ils veulent changer. Donc, sa silhouette, son grand
nez et son geste familier deviennent les bases de plusieurs caricatures
(Delthé 3)
Une affiche (Source: Delthé 3).
Le 24 mai, de Gaulle enfin adresse les Français. Dans
une allocation télévisée il annonce que l'ordre
sera maintenu et que les universités et les entreprises
industrielles et agricoles participeront dans le cadre des régions.
Cependant, son discours demeure sans effet. Un jour plus tard,
le Premier ministre Georges Pompidou et d'autres membres du gouvernement,
les syndicats ouvriers et le CNPF (le Conseil national du patronat
français) négocient au ministère des Affaires
sociales dans la rue de Grenelle (Charles-de-Gaulle 2). Ils créent
un protocole accordant des hausses des salaires, l'abaissement
des heures de travail et l'avance de l'âge de la pension,
signé le 27 mai (Lycos 11). Mais ces accords ne produisent
aucun effet. Un jour plus tard, François Mitterrand annonce
sa candidature à la présidence de la République.
Le 29 mai, le général de Gaulle décommande
le Conseil des ministres et disparaît. Il a rendez-vous
avec le général Massu à Baden-Baden en Allemagne.
Quand il retourne à Paris il affirme : " Je me suis
mis d'accord avec mes arrière-pensées ". Le
30 mai, de Gaulle donne un discours vigoureux à la radio
et il déclare : " Je ne me retirai pas
Je ne
changerai pas de Premier ministre
Je dissous aujourd'hui
l'Assemblée nationale
" (Charles-de-Gaulle 2).
La réaction de la population vis-à-vis de ce discours
est extraordinaire. Le 30 mai, des manifestations en faveur du
général de Gaulle ont lieu sur les Champs-Élysées
et au moins 600.000 personnes y participent (Werth 431). Le jour
suivant, ces manifestations gaullistes s'étendent sur toutes
les grandes villes de la France (Charles-de-Gaulle 2). Les ouvriers
reprennent leur travail dans les entreprises à partir du
4 juin (Delthé 1). Le 7 juin, dans un entretien avec Michel
Droit à la radio, de Gaulle admet qu'il interprète
la crise du mai 1968 comme une crise de civilisation. Les dernières
émeutes et manifestations d'étudiants ont lieu à
Paris le 11 juin (Charles-de-Gaulle 2). Le 17 juin, l'éphémère
périodique L'ENRAGÉ publie son 4e numéro.
Sur la première page de ce magazine de Gaulle est montré
comme vieillard ridé et cul-de-jatte s'appuyant sur des
cannes (Delthé 3). Cela montre les frustrations des jeunes
révoltés qui pensent que ce vieil homme de Gaulle
à l'âge de 78 ne les comprend pas.
Couverture de L'Enragé (Source: Delthé 3).
Dans le premier tour des élections législatives,
le 23 juin, la Gauche recule. Dans le second tour, le 30 juin,
les gaullistes gagnent 294 sièges des 487 sièges
(avec leurs alliés 358 sièges) dans l'Assemblée
et y atteignent une grande majorité (Werth 434). Le 10
juin, de Gaulle démissionne Georges Pompidou et nomme Maurice
de Murville Premier ministre (Charles-de-Gaulle 3). Après
la crise de mai et pour renforcer son prestige personnel, de Gaulle
propose un référendum sur la régionalisation
et sur la réforme du Sénat en avril 1969 qui n'est
pas approuvé. Par conséquent, de Gaulle démissionne
le 28 avril 1969 (Steele II : 137).
Les forces de l'ordre (Source: www.rdg.ac.uk/AcaDepts/ lf/French/quizfue.html
)
La presse (Source: www.miquelon.net/pompidou/ polit.html)
La crise de mai 1968 - un mouvement d'étudiants et d'ouvriers - montre d'abord le potentiel de mécontentement qui réside parmi les masses populaires françaises à ce temps. Le nombre énorme d'étudiants participant aux grèves décrit la gravité de la crise universitaire en France et la nécessité d'une réforme. Pendant le mois de mai, les étudiants protestent contre le nombre immense d'étudiants dans les universités françaises aussi bien que l'incapacité du système éducatif de s'adopter aux besoins de la vie. Cette révolte montre aux étudiants la possibilité de menacer la survie d'un gouvernement par des manifestations dans les rues. Par conséquent, les gouvernements préfèrent souvent céder aux revendications des étudiants à cause des expériences précédentes (Steele I :89). Le mouvement d'ouvriers en mai 1968 révèle la puissance de la classe ouvrière et du mouvement syndical. La nécessité de s'unir et l'efficacité des grèves représentent un sentiment bien déployé parmi la classe ouvrière et les étudiants jusqu'à nos jours.
Quant au général Charles de Gaulle, il faut dire qu'il a donné beaucoup à la France pendant sa vie. Même si de Gaulle a pu terminer les grèves et les occupations des universités et des usines, sa popularité diminue pendant ce temps. Les étudiants ne se voient compris par le président vieillissant. En plus, les Français comprennent à la fin de cette crise qu'on n'a plus besoin d'un chef d'état tout-puissant. Par conséquent, le référendum de de Gaulle n'est pas approuvé en 1969. Le général démissionne et Georges Pompidou devient président. À la mort du général de Gaulle, Pompidou rappelle les Français de ses contributions :
"Français, Français, Le général
de Gaulle est mort. La France est veuve. En 1940. de Gaulle a
sauvé l'honneur. En 1944, il nous a conduits à la
libération et à la victoire. En 1958, il nous a
épargné la guerre civile. Il a donné à
la France actuelle ses institutions, son indépendance,
sa place dans le monde
" (Steele I :103).
Aufrère, Alexandre. Charles de Gaulle : Une Biographie.
12/15/02
<http://rezo.rez-gif.supelec.fr/home_pages/aufrere/dgbio.htm>
Charles-de-Gaulle. De Gaulle et mai 68. 12/10/02
<http://www.charles-de-gaulle.org/degaulle/fiches/mai68.htm>
Delthé, Thierry. Mai 1968. 12/11/02
<http://perso.wanadoo.fr/thierry.delthe/Hist-Tle-12.htm>
Ifrance. Honneur et Patrie. 12/15/02
<http://2000pat.ifrance.com/2000pat/degaulle/biographie.htm>
Lycos. Mai 68 ou le pouvoir étudiant. 12/10/02
<http://membres.lycos.fr/equipe56/mai68.htm>
Patin, Jacques. Une opinion sur Mai 68. 12/10/02
<http://www.charles-de-gaulle.org/degaulle/fiches/mai68p.htm>
Pouvoir Ouvrier. Mai 1968 : Tout était possible
! 12/11/02
<http://www.pouvoir-ouvrier.org/histoire/1968.html>
Rochet, Waldeck. Les enseignements de mai-juin 1968. Paris : Editions sociales, 1968.
Steele, Ross et al. La civilisation française en évolution I : Institutions et culture avant la Ve République. Boston : Heinle & Heinle, 1996.
_____. La civilisation française en évolution II : Institutions et culture de la Ve République. Boston : Heinle & Heinle, 1997.
Werth, Alexander. De Gaulle : A political biography. Baltimore
: Penguin, 1969.