Gavroche: Survol de la civilisation française

Politique - La Révolution française

Projet semestriel final, de Nicola Work

(FRE 6450 -- Automne 2002)

La crise de mai 1968 et le rôle du général de Gaulle

 Introduction

 De Gaulle -- Une Petite Biographie

 La Crise de Mai '68

 Conclusion

  Bibliographie

La crise de mai 1968 et le rôle du général de Gaulle

Introduction
La crise de mai 1968 - d'abord un mouvement d'étudiants, puis une mobilisation et des grèves des ouvriers et enfin une crise politique - représente le plus grand mouvement de grève qu'a eu lieu en Europe. Les causes de ce conflit s'enracinent dans la société française de cette époque. Plusieurs fois dans l'histoire de France, Charles de Gaulle rappelle les Français de la gloire de la France et ranime leur espoir de retrouver la liberté. En 1940, de Gaulle - nommé général - refuse la défaite française et incite l'abandon du gouvernement de Vichy. Puis, en 1944, il organise la Résistance contre les Allemands pour libérer les Français. Enfin, en 1958, il sauve la France d'une guerre civile crée par le conflit d'Algérie. Mais quel rôle le général de Gaulle joue-t-il dans la crise de mai 1968?

De Gaulle -- Une Petite Biographie

Charles André Joseph Marie de Gaulle est né le 22 novembre 1890 à Lille - fils de Henri de Gaulle, professeur de lettres et d'histoire (ifrance 1). Après un an au collège Stanislas à Paris, il entre l'école spéciale militaire de Saint-Cyr en 1910. Il est désigné au 33e régiment d'infanterie à Arras sous les ordres de colonel Pétain (Aufrère 1). Le 2 août 1914 - le jour de la déclaration de la première guerre mondiale - de Gaulle rejoint les armées du Nord-Est. Pendant la guerre, il est blessé et fait prisonnier, mais après l'armistice il est libéré en 1918 (ifrance 1). Après avoir lutté en Pologne, il épouse Yvonne Vendroux le 6 avril 1921 à Calais. Le 28 décembre 1922, leur fils Philippe naît (ifrance 2). Puis, le 15 mai 1924, sa femme Yvonne donne naissance à leur fille Elisabeth.

De Gaulle publie son premier ouvrage " La Discorde chez l'ennemie " en 1924 dans lequel il insiste sur le fait que le politique doit dominer le militaire. Puis, dans " Le Fil de l'épée " (1932), de Gaulle montre l'importance de la formation des chefs et il aborde l'idée de la nécessité d'un corps de blindés. Publié en 1934, son ouvrage " Vers l'Armée de métier " montre la nécessité de la création d'une armée professionnelle. En 1937, il est nommé colonel et, le 3 septembre 1939, commandant par intérim des chars de la Ve Armée (ifrance 2). Après l'annonce de l'armistice par le maréchal Pétain, de Gaulle lance un appel aux Français demandant la Résistance le 18 juin 1940.

de Gaulle en juin 1940 (Source : Ifrance 3).

Dans son appel du 22 juin, de Gaulle dit encore une fois : " l'honneur, le bon sens, l'intérêt de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront " (ifrance 3). Le 28 juin, Churchill reconnaît de Gaulle comme chef des Français libres (ifrance 3). Le 27 octobre 1940, le général crée le Conseil de défense de l'Empire et forme avec le général Giraud le Comité Français de la Libération Nationale le 30 mai 1943 (Aufrère 2). Ce comité est transformé en Gouvernement Provisoire de la République Française le 3 juin 1944, avec de Gaulle comme président (ifrance 4). Dans son discours de Bayeux, de Gaulle énonce les traits marquants qui formeront plus tard la Constitution de la Ve République. Quatre jours plus tard, de Gaulle démissionne mécontent de l'influence de la gauche. Donc, de Gaulle se retire de la vie politique officielle à Colombey-les-Deux-Églises et se consacre à la rédaction de ses Mémoires (Aufrère 2).
Mais, à cause du conflit d'Algérie et d'une émeute à Alger, le gouvernement demande à de Gaulle de sauver la France le 11 mai 1958 (Steele I : 102). Donc, il fait approuver une nouvelle Constitution qui représente la base de la Ve République et devient président de la République. Mais, la majorité des Français s'opposent à l'indépendance de l'Algérie. De Gaulle change l'opinion des Français par plusieurs référendums et proclame l'indépendance algérienne en 1962. Le même an, de Gaulle nomme Georges Pompidou nouveau Premier Ministre. Regardant la politique de Gaulle, il défend l'autonomie de la France vis-à-vis de la Communauté économique européenne (CEE) et envisage le rapprochement entre la France et l'Allemagne. Par conséquent, de Gaulle signe un traité de coopération franco-allemande pour éviter de nouvelles guerres entre les deux pays et pour encourager les échanges économiques et culturels (Steele II : 135). En 1965, les premières élections au suffrage universel ont lieu et de Gaulle est réélu avec 54,5% des voix (Steele II : 136). En 1966, de Gaulle retire la France de l'OTAN (Aufrère 3). Pendant les manifestations d'étudiants et d'ouvriers en mai 1968, de Gaulle voyage à Bucarest en Roumanie où il présente ses idées vis-à-vis de l'Europe aux Roumains (Werth 423). Puis, il voyage avec sa femme à Colombey-les-Deux-Églises, mais s'arrête en Allemagne pour y conférer avec les généraux français (Werth 430). À son retour à Paris, il reprend le pouvoir. En avril 1969, de Gaulle propose la régionalisation (pour diminuer le pouvoir de l'administration centrale et pour augmenter le pouvoir de l'administration régionale) et la réforme du Sénat, mais le référendum n'est pas approuvé. 52,4% des Français ont voté " non " au référendum ; par conséquent, de Gaulle démissionne de la présidence le 28 avril 1969 (Steele II : 137). De Gaulle meurt le 9 novembre 1970 à Colombey-les-Deux-Églises (Aufrère 3).

de Gaulle sous la Ve République (Source : Aufrere 1).

La crise de mai 1968 et le rôle du général de Gaulle
La crise de mai 1968 commence le 22 mai 1968 à Nanterre où les étudiants occupent les locaux administratifs de la Faculté (Charles-de-Gaulle 1). Les étudiants se réunissent pour soutenir les mouvements anti-impérialiste et pro-Viétnam. En plus, ils proclament la guerre contre la bourgeoisie française et la partie communiste (Werth 416). Un des chefs du mouvement du 22 mars s'appelle Daniel Cohn-Bendit, un jeune homme à l'âge de 23 ans (Werth 417). En plus, les étudiants protestent contre le nombre immense d'étudiants dans les universités françaises, l'inadaptation du système éducatif et les méthodes pédagogiques démodés (Rochet 14). De Gaulle ne donne aucune importance à ces premières manifestations et les considère comme un simple chahut. Pendant plusieurs jours, l'université à Nanterre reste fermée et il n'y a pas de cours (Charles-de-Gaulle 1). Au début du mois de mai, les manifestations se déplacent vers Paris. Le 2 mai 1968, le recteur Grappin décide de fermer la Sorbonne - l'université la plus commue à Paris. Donc, les étudiants de Nanterre se regroupent à la Sorbonne dans une grande manifestation.

La Place de la Sorbonne, Mai 1968 (Source: Lycos 4).

Le 3 mai, le recteur demande à la police d'évacuer les étudiants de l'université et de l'occuper eux-mêmes. Ce jour-là, la police arrête environ cinq cents étudiants gauchistes. Donc, les étudiants se réunissent au Quartier Latin pour une manifestation en masse et demandent la libération de leurs camarades (Lycos 4). Deux jours plus tard, le mouvement d'étudiants s'étend à la province (Charles-de-Gaulle 1). De Gaulle recommande la fermeté et annonce qu'il ne faut pas céder parce qu'on ne tolère pas la violence dans les rues (Werth 417). Le 6 mai, 30.000 étudiants défilent jusqu'à l'Étoile à Paris, puis il y a des échauffourées au Quartier Latin avec plus de 900 blessés (Delthé 1). Mais le 10 mai, il y a même une plus grande manifestation qui se termine en émeutes dans les rues du Quartier Latin (Werth 418). Au moins 376 personnes sont blessées pendant cette nuit des barricades (Charles-de-Gaulle 1). Mais, de Gaulle dort pendant toute la nuit et personne n'ose à le réveiller (Lycos 9).

Les barricades, Mai 1968 (Source: Lycos 7).

Le 11 mai, après avoir retourné d'Afghanistan, le Premier ministre Georges Pompidou s'adresse aux étudiants : " Je demande à tous et, en particulier aux organisations syndicales représentatives d'étudiants de rejeter les provocations de quelques agitateurs professionnels et de coopérer à un apaisement rapide et total " (Lycos 10). En plus, il annonce la réouverture de la Sorbonne. Deux jours plus tard, le 13 mai, les syndicats ouvriers (CGT, la Confédération générale du travail et CFDT, la Confédération française démocratique du travail) déclenchent une grève générale (Charles-de-Gaulle 1). Près d'un million de personnes - étudiants et ouvriers ensemble - se réunissent pour le grand défilé contre la brutalité policière. Des slogans comme " Dix ans, ça suffit ", " Le pouvoir recule, laissons-le tomber ", " Gouvernement populaire " et " Adieu de Gaulle " se font entendre dans les rues de Paris (Lycos 10). François Mitterrand - une des voix de l'opposition - énonce qu' " il est grand temps que le gouvernement s'en aille " (Charles-de-Gaulle 1). Le mouvement d'abord limité aux étudiants devient un mouvement de classe (Pouvoir Ouvrier 3). Le 14 mai, à Sud-Aviation à Nantes, les ouvriers se mettent en grève et occupent les usines. Ces occupations s'étalent à d'autres régions françaises. La France devient paralysée à cause de grèves : tout le transport en commun (le chemin de fer, le métro, les autobus et les compagnies aériennes), la poste, les boueurs, les grands magasins, les banques, les mines, et beaucoup d'usines comme Peugeot, Citroën et Renault joignent les grèves (Werth 422). Le même jour, de Gaulle entreprend un voyage officiel en Roumanie (Charles-de-Gaulle 1). À Bucarest, il accueille l'esprit d'indépendance nationale que la population et le gouvernement roumains ont montré vis-à-vis de l'hégémonie de la Russie et des Etats-Unis. De Gaulle ne fait pas mention de la situation en France sauf quand il adresse les étudiants à l'université de Bucarest. Il dit que les Roumains pourraient beaucoup apprendre aux autorités de l'éducation française. De Gaulle semble faire référence au baccalauréat qui permet à trop d'étudiants de s'inscrire à l'université (Werth 423). À son retour en France, le 18 mai, de Gaulle décide de prendre en main la situation politique et il annonce " Le réforme, oui. Le chienlit, non " (Charles-de-Gaulle 2). Pour les jeunes révoltes, de Gaulle représente le symbole du système social qu'ils veulent changer. Donc, sa silhouette, son grand nez et son geste familier deviennent les bases de plusieurs caricatures (Delthé 3)

Une affiche (Source: Delthé 3).

Le 24 mai, de Gaulle enfin adresse les Français. Dans une allocation télévisée il annonce que l'ordre sera maintenu et que les universités et les entreprises industrielles et agricoles participeront dans le cadre des régions. Cependant, son discours demeure sans effet. Un jour plus tard, le Premier ministre Georges Pompidou et d'autres membres du gouvernement, les syndicats ouvriers et le CNPF (le Conseil national du patronat français) négocient au ministère des Affaires sociales dans la rue de Grenelle (Charles-de-Gaulle 2). Ils créent un protocole accordant des hausses des salaires, l'abaissement des heures de travail et l'avance de l'âge de la pension, signé le 27 mai (Lycos 11). Mais ces accords ne produisent aucun effet. Un jour plus tard, François Mitterrand annonce sa candidature à la présidence de la République. Le 29 mai, le général de Gaulle décommande le Conseil des ministres et disparaît. Il a rendez-vous avec le général Massu à Baden-Baden en Allemagne. Quand il retourne à Paris il affirme : " Je me suis mis d'accord avec mes arrière-pensées ". Le 30 mai, de Gaulle donne un discours vigoureux à la radio et il déclare : " Je ne me retirai pas…Je ne changerai pas de Premier ministre…Je dissous aujourd'hui l'Assemblée nationale… " (Charles-de-Gaulle 2). La réaction de la population vis-à-vis de ce discours est extraordinaire. Le 30 mai, des manifestations en faveur du général de Gaulle ont lieu sur les Champs-Élysées et au moins 600.000 personnes y participent (Werth 431). Le jour suivant, ces manifestations gaullistes s'étendent sur toutes les grandes villes de la France (Charles-de-Gaulle 2). Les ouvriers reprennent leur travail dans les entreprises à partir du 4 juin (Delthé 1). Le 7 juin, dans un entretien avec Michel Droit à la radio, de Gaulle admet qu'il interprète la crise du mai 1968 comme une crise de civilisation. Les dernières émeutes et manifestations d'étudiants ont lieu à Paris le 11 juin (Charles-de-Gaulle 2). Le 17 juin, l'éphémère périodique L'ENRAGÉ publie son 4e numéro. Sur la première page de ce magazine de Gaulle est montré comme vieillard ridé et cul-de-jatte s'appuyant sur des cannes (Delthé 3). Cela montre les frustrations des jeunes révoltés qui pensent que ce vieil homme de Gaulle à l'âge de 78 ne les comprend pas.

Couverture de L'Enragé (Source: Delthé 3).

Dans le premier tour des élections législatives, le 23 juin, la Gauche recule. Dans le second tour, le 30 juin, les gaullistes gagnent 294 sièges des 487 sièges (avec leurs alliés 358 sièges) dans l'Assemblée et y atteignent une grande majorité (Werth 434). Le 10 juin, de Gaulle démissionne Georges Pompidou et nomme Maurice de Murville Premier ministre (Charles-de-Gaulle 3). Après la crise de mai et pour renforcer son prestige personnel, de Gaulle propose un référendum sur la régionalisation et sur la réforme du Sénat en avril 1969 qui n'est pas approuvé. Par conséquent, de Gaulle démissionne le 28 avril 1969 (Steele II : 137).

Les forces de l'ordre (Source: www.rdg.ac.uk/AcaDepts/ lf/French/quizfue.html )

La presse (Source: www.miquelon.net/pompidou/ polit.html)

Conclusion

La crise de mai 1968 - un mouvement d'étudiants et d'ouvriers - montre d'abord le potentiel de mécontentement qui réside parmi les masses populaires françaises à ce temps. Le nombre énorme d'étudiants participant aux grèves décrit la gravité de la crise universitaire en France et la nécessité d'une réforme. Pendant le mois de mai, les étudiants protestent contre le nombre immense d'étudiants dans les universités françaises aussi bien que l'incapacité du système éducatif de s'adopter aux besoins de la vie. Cette révolte montre aux étudiants la possibilité de menacer la survie d'un gouvernement par des manifestations dans les rues. Par conséquent, les gouvernements préfèrent souvent céder aux revendications des étudiants à cause des expériences précédentes (Steele I :89). Le mouvement d'ouvriers en mai 1968 révèle la puissance de la classe ouvrière et du mouvement syndical. La nécessité de s'unir et l'efficacité des grèves représentent un sentiment bien déployé parmi la classe ouvrière et les étudiants jusqu'à nos jours.

Quant au général Charles de Gaulle, il faut dire qu'il a donné beaucoup à la France pendant sa vie. Même si de Gaulle a pu terminer les grèves et les occupations des universités et des usines, sa popularité diminue pendant ce temps. Les étudiants ne se voient compris par le président vieillissant. En plus, les Français comprennent à la fin de cette crise qu'on n'a plus besoin d'un chef d'état tout-puissant. Par conséquent, le référendum de de Gaulle n'est pas approuvé en 1969. Le général démissionne et Georges Pompidou devient président. À la mort du général de Gaulle, Pompidou rappelle les Français de ses contributions :

"Français, Français, Le général de Gaulle est mort. La France est veuve. En 1940. de Gaulle a sauvé l'honneur. En 1944, il nous a conduits à la libération et à la victoire. En 1958, il nous a épargné la guerre civile. Il a donné à la France actuelle ses institutions, son indépendance, sa place dans le monde… " (Steele I :103).

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Bibliographie

Aufrère, Alexandre. Charles de Gaulle : Une Biographie. 12/15/02
<http://rezo.rez-gif.supelec.fr/home_pages/aufrere/dgbio.htm>

Charles-de-Gaulle. De Gaulle et mai 68. 12/10/02
<http://www.charles-de-gaulle.org/degaulle/fiches/mai68.htm>

Delthé, Thierry. Mai 1968. 12/11/02
<http://perso.wanadoo.fr/thierry.delthe/Hist-Tle-12.htm>

Ifrance. Honneur et Patrie. 12/15/02
<http://2000pat.ifrance.com/2000pat/degaulle/biographie.htm>

Lycos. Mai 68 ou le pouvoir étudiant. 12/10/02
<http://membres.lycos.fr/equipe56/mai68.htm>

Patin, Jacques. Une opinion sur Mai 68. 12/10/02
<http://www.charles-de-gaulle.org/degaulle/fiches/mai68p.htm>

Pouvoir Ouvrier. Mai 1968 : Tout était possible ! 12/11/02
<http://www.pouvoir-ouvrier.org/histoire/1968.html>

Rochet, Waldeck. Les enseignements de mai-juin 1968. Paris : Editions sociales, 1968.

Steele, Ross et al. La civilisation française en évolution I : Institutions et culture avant la Ve République. Boston : Heinle & Heinle, 1996.

_____. La civilisation française en évolution II : Institutions et culture de la Ve République. Boston : Heinle & Heinle, 1997.

Werth, Alexander. De Gaulle : A political biography. Baltimore : Penguin, 1969.

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